Loin des tempêtes qui tentent en vain de déraciner la Bretagne, à quelques milliers de kilomètres des orages médiatiques et à d'infinies encablures des grues du port-co, la ville d'Arica se love entre l'étreinte du désert et de l'océan pacifique. C'est un petit coin de paradis invivable lorsque le soleil joue la vedette dans l'après-midi.
A chaque jour suffit sa joie et en voilà 4 que nous ne sommes pas prêts d'oublier.
Les balades dans les rues piétonnes de cette ville où il ne pleut jamais ont quelque chose de léger, les heures de plage misent bout à bout ont laissé nos peaux rougir de plaisir avant de les faire chanter couleur café. Les vagues sont au rendez-vous et l'acquisition d'une planche de surf laisse présager les heures à se laisser glisser.
Arica a de nombreuses cartes à jouer et l'une d'elle est sans conteste son grand port de pêche où des milliers de pélicans viennent se disputer les restes de poissons avec les lions de mer et les otaries.
Nous avons tenté d'approcher deux de ces monstres marins qui se prélassaient au soleil, mais arrivés à trois mètres de distance, le mâle nous a lancé un grognement bariton en nous dévoilant des crocs suffisamment impressionnants pour que nous comprenions qu'en cas d'attaque il ne ferait pas de travail minutieux. Tant pis pour la caresse.
Juste à côté les becs des pélicans variaient entre le fleuret et l'haveneau suivant le volume de leur déjeuner. Drôle de piafs.
Une petite balade en bateau nous mène le long des quais où des crabes adeptes de varappe escaladent les parois verticales. En plus des pélicans, quantité d'oiseaux de toutes sortes se regroupent sur les embarcations et leurs bouées. Criez un bon coup et tout ce petit monde prend les airs, à se croire dans un film d'hitchcock.
Petite note culturelle pour briller en socièté : la Bolivie n'ayant pas d'accès à la mer paye le Chili pour se pourvoir d'une zone portuaire où transitent d'énormes cargos, méthaniers et autres culs d'acier, et c'est Arica qui prête ses pontons pour le plus grand bohneur des pélicans et des adeptes de l'import-export.
Mercredi prochain, nous reprenons la route vers le sud pour Iquique. Nous espèrons que ces lignes feront sourire ou rêver quelques-uns, et peut-être donneront des idées à quelques autres...
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Ce soir en rentrant Caroline et Thomas ne sont plus les héros, ils sont pensifs en se couchant dans le lit qui est devenu si tendre, ils se sentent un peu démunis, ils savent aussi que la poignée de sable du marchand balayera bientôt les poignées de sel.

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