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Lundi 19 février 2007

Loin des tempêtes qui tentent en vain de déraciner la Bretagne, à quelques milliers de kilomètres des orages médiatiques et à d'infinies encablures des grues du port-co, la ville d'Arica se love entre l'étreinte du désert et de l'océan pacifique. C'est un petit coin de paradis invivable lorsque le soleil joue la vedette dans l'après-midi.
A chaque jour suffit sa joie et en voilà 4 que nous ne sommes pas prêts d'oublier.
Les balades dans les rues piétonnes de cette ville où il ne pleut jamais ont quelque chose de léger, les heures de plage misent bout à bout ont laissé nos peaux rougir de plaisir avant de les faire chanter couleur café. Les vagues sont au rendez-vous et l'acquisition d'une planche de surf laisse présager les heures à se laisser glisser.


Arica a de nombreuses cartes à jouer et l'une d'elle est sans conteste son grand port de pêche où des milliers de pélicans viennent se disputer les restes de poissons avec les lions de mer et les otaries.


Nous avons tenté d'approcher deux de ces monstres marins qui se prélassaient au soleil, mais arrivés à trois mètres de distance, le mâle nous a lancé un grognement bariton en nous dévoilant des crocs suffisamment impressionnants pour que nous comprenions qu'en cas d'attaque il ne ferait pas de travail minutieux. Tant pis pour la caresse.


Juste à côté les becs des pélicans variaient entre le fleuret et l'haveneau suivant le volume de leur déjeuner. Drôle de piafs.


Une petite balade en bateau nous mène le long des quais où des crabes adeptes de varappe escaladent les parois verticales. En plus des pélicans, quantité d'oiseaux de toutes sortes se regroupent sur les embarcations et leurs bouées. Criez un bon coup et tout ce petit monde prend les airs, à se croire dans un film d'hitchcock.


Petite note culturelle pour briller en socièté : la Bolivie n'ayant pas d'accès à la mer paye le Chili pour se pourvoir d'une zone portuaire où transitent d'énormes cargos, méthaniers et autres culs d'acier, et c'est Arica qui prête ses pontons pour le plus grand bohneur des pélicans et des adeptes de l'import-export.
 
Mercredi prochain, nous reprenons la route vers le sud  pour Iquique. Nous espèrons que ces lignes feront sourire ou rêver quelques-uns, et peut-être donneront des idées à quelques autres...
 

Par Caroline et thomas - Publié dans : Chili
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Mercredi 14 février 2007


 

D'un hôtel à l'autre, d'escapades en balades, de bus en taxi, nous transperçons les frontières. Un nouveau pays dans notre ligne de mire et nous échangerons nous derniers baisers d'Amérique Latine sur le sol chilien.

 

Le Pérou c'était : un serpent, 3 bains dans l'océan Pacifique, deux Pisco Sour avec Thierry le Toulousin, les tongues de Thomas aspirées par l'océan, le Machu Picchu embrumé, aucun vin potable, 4 heures debout dans un car bondé, les premières vagues depuis la Palud, l'apprentissage des 25 accords de guitare de la Javanaise, les dunes du désert d'Atacama, un kilo de sable dans chaque chaussure, 6 truchas à la plancha, un cour de flûte de Pan dans le bus, nos premiers pas dans la jungle, 1684 " no gracias " aux sollicitations des vendeurs de Cuzco, 5 crêpes, une heure de trajet dans le coffre d'un taxi, une saint Valentin, 2 heures de baby sitting, l'achat de deux paires de boucles d'oreille, l'anniversaire d'Amélie à plus de 10000 bornes de distance, plein de commentaires sur notre blog qui nous font super plaisir, l'acquisition de nouveaux bouquins dans un book's exchange, un pari lancé sur le sexe du futur bébé de Pierre et Anne, le mercado de Tacna, 4 heures de rando avec Patricio et le fleuve, une trempette dans les sources d'eau chaude d'Agua Caliente, un couple ongle cassé, un coupe ongle acheté, la découverte des sternes péruviens, la danse des vautours et des rapaces, les batailles d'eau du carnaval, 4 heures sur MSN avec auré et un tour en tirolienne.

Nous partons ce soir pour Arica au Chili où Thomas espère faire l'acquisition d'une planche de surf et se faire par la même occasion greffer un troisième bras pour la porter en plus de son pactage !

 

Par Caroline et thomas - Publié dans : Pérou
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Dimanche 11 février 2007

Voici la recette de l'incontournable cocktail national peruvien que l'on deguste dans tous les bars, cafes, resto.

Le Pisco tient son nom de la vallée péruvienne du même nom.

Pour 6 personnes :
- 30 cl de Pisco (marc péruvien à base de moût de raisin) à défaut du marc de bourgogne jeune
- 10 cl de jus de
citrons
verts
- 10 cl de sirop de sucre de canne
- 1 blanc d'oeuf
- 1 cuillère à café de sucre cristal
- 4 à 6 glaçons
- Angostura (à défaut cannelle en poudre)

 

Pour démarrer vos soirées aux couleurs sud-américaines :

Dans un shaker, pressé votre citron et ajoutez-y quelques cuillérées de sucre en poudre et de sirop de sucre de canne (plus ou moins selon que vous êtes sensibles à l'acidité du citron), rajoutez le Pisco.
Mélangez bien et ajoutez ici le blanc d'oeuf.

Avant de bien secouer le tout, ajouter beaucoup de glace pilée
Enfin, ajouter éventuellement un soupçon de cannelle et servez vite vos invités...
Bonne degustation...
Par Caroline et thomas - Publié dans : Recettes du bout du monde
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Dimanche 11 février 2007

Le 6 février 2007 ne s'insinuera peut-être pas dans les manuels scolaires mais correspond néanmoins à une date de rencontre au sommet pour les voyageurs bretons.

A Cuzco, le resto " La petite france " ( hé oui, il fallait le trouver ) servit de salle de réunion pour ce meeting de toute première importance.

Les acteurs ( dans le désordre : Yann, Annaïg, Caro, Noleen, Mona, Thomas et Hoël ) ont chacun leur tour pris la parole pour exposer les doléances de leur parti. Le débat bât son plein lorsque Hoël ( 4 ans ) tappe du poing sur la table et déclare, je cite : " Je ne suis pas un crapaud ! " et le jeune homme d'ajouter : " tomate et carotte, je vais faire de la soupe ! "

Sans épiloguer, voici une synthèse des points abordés :

- Yann apprécie et défend la Cusqueña

- Noleen revendique la saveur incomparable des crêpes au Nutella

- Hoël réaffirme son " rien à voir avec les batraciens "

- Mona réclame plus de boulot pour les jeunes

- Annaïg préfère la saveur des mets bretons à celle des hamsters péruviens en sauce.

- Thomas trouve la conversion en euros des bolivianos bien plus aisée que celle des soles péruviens.

- Caro conclue que le passage de la petite à la grande guitare est plus ardu que l'inverse.

Un accord fut alors trouvé et tout le monde s'en alla vers de nouvelles contrées...

 

Le Pacifique est un long trait bleu dont l'horizon s'échappe de chaque côté de cadrage de leur appareil photo. Il est onze heures et Caro et Thomas étalent leur serviette.

Le petit pueblo de Mejia à 50 kilomètres à l'ouest d'Aréquipa, deuxième à gauche après Mollendo, est un petit port de pêche dont les plages de sable noir recoivent les coups d'aiguilles des parasols touristiques telle une séance d'acuponcture sur le derme de la terre. Chaude journée. Ici il ne pleut jamais.

Le jour s'étire, les orteils ouvrent l'éventail et entre chacun d'eux on distingue de longues vagues qui cassent au rythme d'un métronome.

Aux dernières nouvelles, Caro avait déclaré rêveuse : " Et si on restait un peu sur la côte ? " ....

Par Caroline et thomas - Publié dans : Pérou
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Mardi 6 février 2007

Nos premiers pas au Pérou battent les pavés de la cité de Cuzco. Cette ville nichée au milieu d'une vallée luxuriante est un véritable joyau d'architecture mais, revers de la médaille, elle est aussi criarde, toxique et tonitruante. Difficile de faire un pas dans le centre sans que les marchands, statiques et ambulants, ne vous tirent par la manche pour essayer de vous refiler les sombres merveilles qui peuplent les comptoirs.


Cuzco est aussi le berceau de la fauche et garder en permanence l'œil ouvert fatigue; et déshydrate la cornée.
Après deux jours, nous quittons à la fois le paradis et l'enfer, destination le chemin de l'inca qui prend fin dans les fameuses ruines du Machu Picchu.


Après une première journée passée à jongler avec les cars, les taxis et nos guiboles ( c'est récurent c'est vrai ), nous accostons dans le bled de Santa Théresa. La jungle tropicale nous entoure, bananiers, papayers géants, lianes sans fin qui tissent leurs toiles sur les immenses parois des falaises, Tarzan aurait apprécié.


Après un courte nuit, nous démarrons une longue marche à contre courant du fleuve saumâtre et limoneux direction Agua Caliente, dernière étape avant le Machu Picchu.


Nous traversons le fleuve en tyrolienne. De l'autre côté il y a ce chien qui suite à la frayeur engendrée par sa première traversée n'a jamais accepté de remonter dans l'engin. Il reste maintenant sur cette rive, il attend patiemment son maître qui se voit obligé de faire un traversée quotidienne pour aller le nourrir.

 


Entre soleil et gouttes, l'après-midi de rando se passe plutôt bien, la flore est dense, la faune discrète hormis quelques étranges papillons, une sorte de lézard et un serpent qui nous laissera finalement la voie libre après s'être anguillé dans les hautes herbes.
Agua Caliente n'a rien de fabuleux si ce n'est ses sources d'eau chaude; c'est une ville exclusivement  dédiée au tourisme et à l'exploitation de la cité inca qui trône 1000 mètres au-dessus de nos têtes.
Pour s'y rendre de Cuzco avec un tour operator, comptez 70 dollars par personne. Nous avons certes mis deux jours mais nous nous en tirons pour 10 dollars à deux, comme quoi voyager à la locale ça a du bon.
Lorsque le réveil sonne à 5 heures, son cri a quelque chose de mélodieux. On s'étire, le Machu nous attend.
Le prix est élevé pour le pays ( 40 $ ) mais le jeu en vaut la chandelle.
La ville fut construite dans les années 1400 et comptait environ 1000 habitants ( autant de touristes passent chaque jour ). Sa situation improbable et son utilité sont encore un mystère: centre d'expérimentation agricole, religieux, passage pour les echanges entre l'est et l'ouest, ' no sé senior '.

 

 


Les cultures en térasse ( sorte de grande marches que vous voyez en photo ) pouvait permettre une exploitation agricole suffisament importante pour nourrir des milliers de personnes. La pluie s'accumule à chaque étage, stagne, se charge en minéraux et finit par déverser son trop plein à l'étage inférieur, d'où l'expression: ' pas con l'inca '.


La cité est indescriptible ( surtout lorsque nous y pénétrons, une brume céramique ne laisse pas entrevoir grand chose). Petit à petit, comme on déchire un coton, les vapeurs grisâtres se dispersent et laissent filter les premiers traits du dessin de cette ville perchée au milieu de l'inaccessible. Pas grand chose à dire, ni ici ni là-bas, juste des souvenirs et quelques photos à partager. Il est 11 heures lorsque les premiers cars de japonais s'engluent sur le parking, une lourde pluie s'est mise à tomber et nous quittons l'endroit après en avoir pris le meilleur.
De retour en train à Cuzco, nous retrouvons Yann, Annaïg et leurs enfants d'ici quelques heures. Peut-être une soirée crèpes en perspective car nous avons enfin trouvé un endroit pour en déguster...

Par Caroline et thomas - Publié dans : Pérou
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Lundi 5 février 2007

Vous êtes entre 40 et 60 personnes environ à consulter ce blog chaque jour. Qui êtes-vous ?  Sans vous dévoiler pour autant, laissez nous un petit indice.

Sur le lien "commentaires", à la fin de chaque article, vous trouvez l'avis de nos lecteurs.  Ne soyez pas timide ajoutez le vôtre : cela nous fait toujours plaisir de vous lire et nous répondons dès que possible.  A tous, bonne découverte... 

Caro

Par Caroline et thomas - Publié dans : Pérou
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Jeudi 1 février 2007

drapeau:Bolivie

Après deux semaines passées en Bolivie direction le Pérou !

La Bolivie, c'était au commencement la perte de nos passeports et billets d'avion, 85 kilomètres parcourus en Jeep en sens inverse pour les récupérer, 133 852 hectolitres de flotte sur le coin de la figure, 34 brasses dans le lac Titicaca, un tour en pédalo, 137 feuilles de coca machouillées, un énorme colis bleu, l'apprentissage de nouveaux accords de guitare, quelques pas sur la plus grande salière du monde, 22 photos de Niños, 51 parties d'échecs, 1224 prières pour sortir de la mine de Potosi, 4 heures de bâteau pour l'Isla del sol, 2 lacets brisés, un chapeau perdu, un chapeau acheté, le retour de Patricio, 4130 Bolivianos dépensés, 7 réveils de mauvais poils de Thomas, 2 crises de larmes pour Caro, 131  kilomètres parcourus main dans la main, 5 heures de décalage avec nos amis Bretons, un max d'inspirations pour chercher l'oxygène entre 2700 et 4600 mètres d'altitudes, 32 couvertures accumulées pour ce réchauffer, 1 feu sur la plage,,,

Bref, de chouettes moments et déjà l'envie d'y retourner !

Par Caroline et thomas - Publié dans : Bolivie
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Jeudi 25 janvier 2007

Nous voici donc à la Paz, sorte de mégalopole dont les couleurs vous explosent à la figure à chaque coin de rue.

Hier nous avons été rouler notre popotin ( déjà bien roulé ) au mercado des brujas ( marché aux sorcières ). Coup de bol on arrive pile-poil pendant la fête annuelle de la Pachamama, ( au passage bonne Pachamama à tous ). Bueno !

 

C'est en effet le lieu où les gens de la paix ( habitants de La Paz ) s'agglomèrent auprès des vaudous locaux espèrant grâce à ça avoir le cul bordé de nouilles toute l'année.

Au programme :

- pâtes de lapin

- fœtus de lama séché

- inhalation d'herbes aphrodisiaques pour la fertilité. Bueno !

- baptème à la Huari ( bière locale ) dont ils aspergent les passants le pouce sur la bouteille, façon Shummarer après la victoire au final du grand prix.

Résultat, plein de trucs à la con dans les poches, les poumons encrassés et une odeur de bière à faire fuir les clébards errants. Bueno !

Dans l'après-midi, nous décidons de dépenser notre sueur dont les parfumeurs locaux raffolent, pour partir à la recherche de présents chamarrés pour nos proches adorés. Après renseignement, 200 mètres parcourus, 15 cafés et 10 bouteilles d'eau, bueno, nous arrivons enfin dans la rue des magasins de moquettes. Conclusion : notre traduction espagnole de tapis est à revoir.

Pas découragés, nous ajoutons quelques cloques à nos pieds et trouvons enfin le mercado adéquat. Bueno !

Après partage des goûts et des couleurs , nous tombons d'accord et vamos pour enviar un paquete en Francia.

 Epilogue : sueur, chaleur et bonne humeur ! Bueno...

Par caro et tom - Publié dans : Bolivie
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Mardi 23 janvier 2007

Bonjour à tous et bienvenue dans les hauteurs de la bolivie !
Nous sommes arrivés il y a 4 jours dans la ville de Potosi considérée comme l'une des plus belles d'Amérique Latine. Potosi est également la ville la plus haute du monde avec 120.000 personnes vivant entre 4100 et 4600 métres d'altitude. En 1650, la colonisation espagnole et l'exploitation des mines du Cerro Rico en firent la ville la plus riche d'Europe et d'Amérique Latine.
" ¡ No es Potosi ! ", comme diraient les espagnols. Pour l'anecdote cette expression se traduit par "c'est pas le Pérou", Pérou faisant référence ici au Haut-Pérou, ancien nom de la Bolivie et évoque l'idée que le Cerro Rico produit encore quelques minerais mais que ce n'est plus ce que c'était.
L'architecture de l'ancienne colonie espagnole est merveilleusement bien conservée et les édifices religieux se disputent les regards des visiteurs et des locaux. Tout ça vaut à cette cité le mérite d'être classée au patrimoine de l'humanité par l'UNESCO.
Une chose pourtant vient entacher ce petit coin de paradis.
En effet, les mines du Cerro Rico ( montagne riche ) sont elles encore en activité. Certaines agences proposent aux touristes téméraires de se rendre dans les profondeurs de la montagne pour découvrir les conditions de travail des 15 000 mineurs qui cherchent encore à mettre la main sur le filon de la richesse.


Freddy, le guide avec lequel nous avons plongé dans l'épaisseur de la roche nous expliquait qu'il avait lui-même été mineur pendant 4 ans et ce dès l'âge de 12 ans. Avec son père, décédé à 45 ans ( c'est la moyenne d'âge des mineurs de Potosi ), ils découvrirent un filon d'argent pur dont l'exploitation leur permis de quitter ce Germinal du 21ème siecle. "La mine m'a sorti de la mine ".
Aujourd'hui plus de 1000 enfants travaillent encore à des centaines de mètres de profondeur, avec la modernité désuète des pioches, de la dynamite et des wagons en fonte de plus d'une tonne à pousser à bout de bras. Comme les autres, ils travaillent 7 heures par jour, 6 jours par semaine et ne se nourrissent pendant leur journée qu'exclusivement de feuilles de coca, les superstitions locales interdisant d'emporter toute nourriture dans la montagne. Les mineurs consomment également de l'alcool à 96% pour se porter chance car l'alcool pur est synonyme d'argent pur. Tout ça rend les conditions de travail déjà précaires très dangereuses et les accidents dus à l'alcool nombreux. De plus aucun géologue n'est venu expertiser les 200 galeries qui font de cette montagne un veritable gruyère ( dixit freddy ). L'année dernière, on recensait pas moins de 12 morts dus aux effondrements de galeries, les mineurs n'étant pas formés pour déterminer les zones de sécurité ou de friabilité géologique.


Chaque mineur travaille à son compte mais doit reverser la moitié de ses gains à l'état qui est propriétaire de la montagne, il doit acheter aux coopératives un droit d'exploitation ainsi que son propre materiel (lampe, dynamite, casque,...). Tout ça pousse certains mineurs à augmenter la cadence et à venir travailler la nuit après 17 h , moment où les plus importantes charges de dynamite explosent et où l'accès aux galeries est normalement interdit jusqu'au lendemain en raison des vapeurs de TNT qui doivent  avoir le temps de s'évacuer. De fait, des maladies respiratoires et musculaires touchent  certains d'entre eux dès l'âge de 20 ans.
Nous avons arpenté ces veines de roche pendant près de 4 heures, avancé de 200 métres dans le ventre de la mine, sommes descendus dans des tuyaux rendus boueux par l'humidité des pistolets à air et eau comprimés qui permettent de trouer la roche pour y placer les btons de dynamite. Une échelle en bois tremblante de plus de 20 mètres nous a ensuite conduit sur le chemin qu'empreintent quotidiennement les mineurs. Là, dans l'une de ces sombres artères, Freddy nous a expliqué que le mineur présent venait de finir de placer les explosifs dans la paroie et que nous avions le temps de regarder le départ des deux premières mèches avant de nous mettre à courir. Inutile de dire que dès la première étincelle, chacun avait pris ses jambes à son cou et s'enfonçait dans les galeries trop étroites pour se tenir debout.

Près de 20 détonations se sont sucèdées et l'on sentait toute la montagne vibrer autour de nous dans un bruit ahurissant, un tremblement de terre vecu du dedans. Nous poussions les bouts de papier toilettes que l'on nous avait refiler dans nos oreiiles pour se protéger du son,  et sentions, effrayés, les petits éboulements rocheux venir glisser jusqu'à nos pieds. Même munis de lampes frontales on y voyait pas à un mètre tellement la poussière autour de nous était dense. Tout le monde toussait dans l'obscurite, le flip total ! De plus les gros blocs de pierre jonchant le sol et tombés au hazard de la vie minière n'avaient rien pour nous rassurer. Nous restâmes figés lorsque qu'un caillou plus volumineux que les autres se décrocha du mur. On lisait un léger doute dans le regard du guide, on palpait les prières de chacuns, sensiblement les mêmes, " je veux sortir d'ici tout de suite! "
Inutile de jouer les valeureux cette expérience fut sans aucun doute la plus grande frousse de notre vie et nous remercions nos jambes cotoneuses d'avoir tenu le coup jusqu'à la surface.
Avant de regagner la lumière du jour, nous avons fait un petit détour vers la grotte du diable située à l'entrée de la mine. On y trouve une statue étrange du dieu de la chance et de la fertilité ( vous comprendrez en voyant la photo) et à ses pieds, un crâne humain. Chaque jour les travailleurs de fond y passent pour déposer des offrandes, feuilles de coca, tabac et alcool, espèrant s'assurer santé et richesse.


" Superstition " nous dit Freddy en allumant deux cigarettes et en les plaçant dans les bouches respectives de la statue et du crâne. " Souhaitons maintenant beaucoup de chance aux mineurs, un bon voyage à vous et mucho touristes pour moi".
Nous avons regagné les rues de Potosi, toujours émerveillés devant tant de beauté, mais chaque fois que nous levions les yeux nous sentions le regard de la montagne et le gargouillement de son ventre immense.
Nous partons ce soir à La Paz, suivons notre propre filon. Pleins de bises a tous,keep smilling et KENAVO !!!

 

 

Par caro et tom - Publié dans : Bolivie
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Samedi 20 janvier 2007

 

Le soleil est déjà levé depuis trois heures sur Tupiza lorsque nos deux aventuriers préférés finissent de hisser leurs sacs à dos sur le toît d'une jeep en partance pour Uyuni ( 4200 m d'altitude ). A l'intérieur, 6 touristes, une cuisinière et un guide sont déjà installés. Il fait chaud et la radio crache des airs de cumbia ( tcha-tcha-poum ), la musique locale qui donne envie de rentrer en France. Caro toujours en beauté s'installe à côté de Thomas toujours en forme.
Le paysage des premiers kilomètres les ramène à leur enfance et aux heures passées devant bip-bip et le coyote; seulement cette fois c'est pas pour du beurre, cactus, terre rouge et roches bizarroïdes...

 

 


Le monstre de métal poussièreux commence à prendre de l'altitude, au bout d'une heure le chauffeur entonne les premiers coups de klaxon pour faire dégager les lamas de la piste.
Tout du long s'enchaînent des espaces immenses et une végétation de plus en plus pauvre, la calvitie de la Pachamama. Seule la ville d'Atocha ramène la fine équipe à un semblant  d'urbanisme.

 

 


L'altiplano les accueille enfin sur les cents derniers kilomètres, le soleil disparaît derrière les montagnes faisant dégouliner un coulis framboise sur les pics enneigés.
Dans la jeep, les deux américains, les deux boliviens, les deux anglais, l'espagnole, l'uruguayen et nos deux jambon-beurre anesthésiés par la cumbia attendent de se délivrer au plus vite de l'étreinte imposée par la carrosserie. Par bonheur, une crevaison à l'entrée de la ville permet à chacun de s'assurer que ses jambes ne sont pas définitivement paralysées. Quelques minutes plus tard, Caroline et Thomas déposent enfin leurs corps resplendissants sur le matelas d'une chambre d'hôtel qui sent bon le chien mouillé. Demain debout 4h30 pour une course vers le lever du soleil sur le Salar d'Uyuni, pas le temps de rêver, repos !!!

 

 

Bipbipbipbipbipbip..........
La main délicate de Caro s'écrase sur le réveil et revoilà nos deux héros, frais comme des bonbons menthol, qui entament leur toilette à l'aide des lingettes " bébé bueno " car ici eau courante y a pas. Ensuite en voiture Pedro et vamos en el Salar.


Comme tout ces endroits un peu à part, difficile de décrire les lieux sans passer à côté de quelque chose. Disons simplement que c'est le plus grand lac salé au monde, que la présence de tout ce sel est du à l'évaporation du lac le Tauca il y a 10 000 ans et que ce lac est apparût lorsque les montagnes sont sorties de la mer dans des temps vachement lointains. Comme tous les ans, la saison des pluies a entrainé l'apparition d'un manteau de 20 cm d'eau à la surface et comme l'été on enlève le haut, le Salar n'est à cette époque qu'une infinie étendue de sel. En ce qui concerne la description, les photos devraient parler d'elles-même.
Pour clore cet épisode suréaliste, un petit tour vers l'un des villages qui entoure le lac.
Dans des maisons de terre, dans des rues poussièreuses à la merci des vents, dans un monde qui peut-être n'existe pas " en vrai ", vivent quelques familles que le sel a rendu esclave. L'une d'entre elle leur a ouvert ses portes et c'est assez difficilement que chacun a pu observer et comprendre les conditions de travail et la vie que mènent ces gens. Les adultes s'occupent en général de la récolte du sel qui se fait à la pelle dans des couches très denses, les enfants, dès qu'ils sont en âge de marcher gèrent l'intensité du brasier qui permet au sel de se décharger de son eau et de devenir la poudre que nous connaissons tous. Enfin, ils remplissent 8 heures par jour et sans discontinuer des sachets plastiques destinés à recevoir un kilo de sel et à être exportés. Des railles stoppent à quelques mètres de la maison et le train passe de temps en temps récupérer un chargement. La rétribution s'élève à 5 Bolivianos ( 0,50 cent d'euro ) pour 5000 sacs. Même dans un pays où le niveau de vie général reste peu élevé, ces gens vivent dans des conditions inimaginables et précaires. S'ajoutent à ça les maladies occulaires provoquées par la réverbération qui entrainent des cécités partielles à l'âge adulte, la vente du sel ne permettant pas d'acheter des lunettes de soleil même basiques. Malgré tout ça les gamins sont comme ailleurs, jouent, regardent les étrangers avec des grands yeux et se frottent au caractère des lamas qui refusent de se laisser tirer par une laisse. On arrive même à rire avec eux malgré votre sac qui contient une année de leur salaire.

                                                                                                                                                       Ce soir en rentrant Caroline et Thomas ne sont plus les héros, ils sont pensifs en se couchant dans le lit qui est devenu si tendre, ils se sentent un peu démunis, ils savent aussi que la poignée de sable du marchand balayera bientôt les poignées de sel.


Par caro et tom - Publié dans : Bolivie
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