Des quelques passages de frontières que nous avons à notre actif, celui qui conduit de l'Argentine à la Bolivie est sans conteste le plus curieux que nous ayons rencontré.
Un pont d'une cinquantaine de mètres sépare la ville de La Quiaca ( Arg. ) et de Villazon ( Bol ). Pendant que vous devez en découdre avec les formalités d'usage parfois surprenantes ( photocopier son passeport dans le village Bolivien, puis retourner à la frontière pour la repasser papiers en règle ), les autochtones continuent leurs aller-retour sans aucun contrôle administratif. Les échanges de marchandises, de fruits, de céréales vont bon train au milieu de garde-frontière plus préoccupés par le ciel que par le flux migratoire.
Après le passage du pont, comptez environs deux mètres pour un dépaysement total.
D'abord, les femmes qui sont en majorité vêtues de costumes traditionnels, jupes à fleurs, châles multicolores et chapeaux melons. Elles sont sans âge et tout simplement magnifiques. Ensuite viennent les feuilles de coca dont sont garnis les étalages. Les boliviens fument peu mais mâchent à longueur de temps ces feuilles qu'ils mettent en boule dans les creux de leur joue.
Nous arrivons au moment de la saison des pluies, et croyez bien que ce dernier détail ne nous a pas échappé ! Si une chaleur épaisse harponne les montagnes ocres l'après-midi, le soir ce sont des pluies d'orage diluviennes qui viennent baigner la terre et qui ne s'interrompent que le lendemain matin. Première conséquence, le problème des routes qui sont très rarement bitumées, en effet, les glissements de terrain sont légion en cette période. Ainsi, nous avons appris ce matin à 6h30 que nos réservations pour nous rendre à Uyuni étaient annulées. Nous décidons donc d'avancer quand même vers la ville de Tupiza qui reste désservie. Cependant entre l'arrêt d'une heure du à un camion enlisé qui bloquait la route, la mise en place d'arbustes sous ses roues pour l'aider à se dégager et les quelques centaines de mètres faits à pieds pour alléger le car, nous sommes arrivés à destination avec 1 heure de retard, boueux mais heureux !
Demain au programme si les routes ne s'effondrent pas : excursion en jeep au Salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel au monde...
Dans l'ensemble des villes argentines, la pauvreté côtoie le luxe outrancier des hauts quartiers. La mendicité en tant que telle reste relativement discrète. En revanche, vous ne pouvez passer 5 minutes à la terrasse de quelconques cafés sans que l'on vous propose d' hétéroclites bibelots vendus par les gamins à la sauvette.
Il est cinq heures du mat' et nous dormons profondément, étendus sur notre lit "king size", entre les murs de notre crèche de noël quatre étoiles. Dans un semi-coma vaporeux, nous percevons tout à coup que quelqu'un est en train de frapper à notre porte. Retour sur terre, mais qu'est-ce que ça peut bien être à une heure pareille. Je m'en vais ouvrir la porte, et là stupecfaction ! Derrière se trouvent trois personnes qui semblent faire partie de ces films d'action américains. Deux d'entre elles sont complètement vêtues de noir, encagoulées, casquées, lampe frontale, gilet par-balles et mitraillette au poing. La troisième un peu moins déguisée ne porte qu'un gilet par balle noir où il est inscrit : polizia. 

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