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Mardi 29 mai 2 29 /05 /Mai 06:57
La saison des pluies a commencé au Laos. Avec elle, les premiers pics d'une chaleur vaurienne qui vous rendent le voyage éprouvant.

Nous sommes arrivés par le sud, en train depuis Bangkok,  dans la ville de Pakse. Ici , le temps semble s'être arrête une fois ou deux avant de se décider à aller jouer ailleurs.  Quelques batisses coloniales figées font office de phare dans un océan de bouis-bouis. La poussière carmin envahit les asphaltes lézardées que parcourent quelques tuk-tuk, on traverse les rues en brandissant son ombrelle pour éviter la cuisson à point... c'est une ville moderne façon Lao...



Pakse se situe au confluent du Mekong et de l'un de ses affluents, le Se Dong. La ville fut fondée par les français en 1905 dans le but de faciliter les échanges avec la Thailande. Elle ne semble guére avoir changé d' aspect depuis cette epoque,   en dehors des quelques cafeé
Nous avons pris une journée pour visiter les alentours et notamment pénétrer dans le village d'une minorite ethnique Khmer nommée Katu. Difficile de sortir indemne de ce lieu. Environ 250 membres d'une tribu qui semble depuis longtemps avoir entamé un mariage forcé avec la misere tentent de survivre. Notre guide Lao nous explique les  difficultés de communication; en effet, ces personnes ne s'expriment que dans leur propre dialecte qui ne s'écrit pas etdonc qui est très compliqué à apprivoiser.
Nous avons bien visité cette école dans un vieux hangar mais nous avons eu du mal à nous sentir à notre place sur ce carré de terre battue. Pas de langage commun, des gestes qui codent pour des signifiants différents des notres, seulement quelques sourires pour ponctuer les regards curieux.


On enseigne ici le Lao à une poignée enfants du village, les autres n'ont pas accès aux cours car leurs parents ne le jugent pas nécessaire. Ces autres sont justement derrière le hangar. Ils jouent en cercle, fument dans des bangs un tabac sèché dès qu'ils sont en âge d'aspirer convenablement  la fumée , ou bien dorment adossés aux cochons qui leur font un peu d'ombre.



Une autre particularité de cette tribu est le rituel qui oblige chaque habitant à creuser son propre cercueil dans la section d'un tronc d'arbre. Ils le font en général vers   12/13 ans,  au passage à l'âge adulte. Leur religion, mélange d'hindouisme, d'animisme et d'antiques croyances , leur enseigne que la maladie emane d'une décision divine aussi faut-il l' appréhender avec fatalisme.La conséquense est  un refus de quasiment tous les traitements disponibles et donc,une espérance de vie dérisoire.



La polygamie règne et les gamins sont nombreux. Beaucoup, malnutris, ont le ventre gonflé ,leurs yeux hagards se perdent à l'ombre des huttes . La poussière  se niche  partout, ce n'est plus un élément du décors, c'est le décors lui-même .



Autre jour, autre destination. 4 heures aller-retour pour visiter le temple de Champasak. Le tuk-tuk local nous embarque, la barge embarque le tuk-tuk et le Mékong fait le reste. Ce temple du 6eme siècle a le visage marqué par 1400 années  sans entretien.


D'immenses blocs sculptés dans une pierre sombre s'étirent en de longs murs  qui se disjoingnent pour finalement s'éffondrer. Les croyances locales et les historiens divergent quant aux significations des gravures et des édifices de ce lieu de culte. Statues Khmer pour les uns, simples sentinelles pour les autres, Shiva lingam, Kali, Boudda, les connaisseurs aboient, les néophytes passent, c'est beau, tout simplement.

A notre retour, il pleut sur le fleuve. Une pluie franche et drue, de grosses gouttes en rangs serrés, le crachin Lao joue dans la catégorie hectolitres par mètre carré.


Du sud, nous avons gagné la capitale en une nuit de bus. Le centre de Vientiane compte quelques infrastructures mais dès que l'on s'en échappe un peu , la ville prend des allures de village: chemins poussiereux, reflets des chapeaux asiatiques dans l'eau des rizières, pêcheurs épinglés sur le Mekong , drôle de banlieue.



Cette ville charmante et desuète constitue néanmoins une etape importante pour les voyageurs que nous sommes , en effet, elle abrite une espèce animale hors du commun : le Tanguy.



Il sagit d'une bête à peau lisse, croisement entre un expatrié breton et un reptile à sang chaud qui hiberne depuis deux ans dans les contrées lao. Le jour, il a pour habitude de chasser dans les couloirs de l'ambassade de France des proies qu'il digère  en buvant de la beerlao en compagnie de son chien Dudule. De part ses genes celtes, le Tanguy a toutes les qualités pour assurer à ses hôtes un accueil digne de ce nom. Pour peu que vous le soudoyiez avec quelques mets dont il est friand ( pâté henaff, galettes bretonnes ) il n'hesitera pas à vous ouvrir les portes de sa tanière et à vous faire découvrir son territoire.
Bien qu'éloigné de la mer, cet animal a néanmoins gardé le pied marin et il se fera une joie de vous embarquer à bord de sa pirogue pour sillonner le Mekong entre chiens et loups.




Il arrive également à cet être solitaire de retrouver la meute des expatriés  renouant ainsi avec la civilisation , s'echappant pour un temps de sa bestialité. Lors de ces soirées vous pourrez peut-être assister à un Bassi, cérémonie d'accueil présidée par l'ainé du groupe au cours de laquelle l'on nouera à vos poignets des bracelets chargés de voeux les plus fastes.




S'en suivront sans doute quelques lancés de riz suivis d'étranges mugissements puis  chacun se mettra à marteler la piste lors d'une danse primitive et desordonnée.



Apres quatre jours passés à jouer les ethnologues auprès de cet iguane des temps modernes, nous voici à Vang Vieng, petite bourgade du nord erigée au milieu de montagnes que tapissent une flore tropicale. Nouveau cadre, nouvelle faune, nouvelles découvertes, dernières lignes avant de rejoindre Bangkok pour notre final.

On vous embrasse tous, à très bientôt.


Par Caroline et thomas - Publié dans : Laos
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Commentaires

Sabaidee !! vous continuez de nous faire rêver jusque au bout du voyage, vos photos sont magnifiques...quand rentrez vous exactement en france qu on vienne vous faire un ptit coucou?


un beso de sonia y manuel

Commentaire n°1 posté par sonia et manu le 01/06/2007 à 14h16

bonne fin de vacances Profitez bien de vos dernières journées et encore merci pour ce beau carnet de voyage.Grosses bises et à bientôt


anne marie et jo

Commentaire n°2 posté par anne marie et jo le 01/06/2007 à 22h17
Profitez bien de cette fin de voyage. Vous aller avoir des images plein la tête pendant longtemps! Merci de nous avoir fait profiter de tout çà. A bientôt. Grosses bises. Marie-Paule et J.Jo
Commentaire n°3 posté par postec le 03/06/2007 à 23h14

je suis fan de votre site, et encore plus fan du style de thomas.


peu importe le sujet, le ton est toujours delectable.


si tu en fais un bouquin, previens moi ! bon retour

Commentaire n°4 posté par stephanie le 12/06/2007 à 15h19
Came on my friends! are you working now?
I`m frozen here, and ´I ve got to study, i don´t want know how well are you..
Commentaire n°5 posté par patricio le 27/06/2007 à 16h06
Oh fatche de choune !...

C'est bien beau vos textes de fada hé, mais c'est quand que vous passez visiter marseille pour l'ajouter à votre carnet de bord ?
Commentaire n°6 posté par Allllleeezz, l'OMeuhh le 28/06/2007 à 00h02
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