Après presque deux mois passés en Argentine, direction la Bolivie !
Deux mois en Argentine c'est 114 heures de bus, près de 8000 kilomètres parcourus, 63 empanadas con carne, 67 jugo de naranja, une centaine de mots d'espagnol, une dizaine d'assados, 5 fois plus de rencontres, environs 1600 degrès accumulés, une quinzaine de baleines, un millier de pingouins, 74 kilomètres de glacier, un colibri, une chica guitara, 10 litres de Quilmes, 10 heures consacrées à l'envoi d'un colis, 2 défaites au bingo, 6 orages, 4 séances de brasse, quatorze nuits sous la tente, 1231 baisers, 1232 grêlons, 40 lomitos completo, 3 GI's, 30 minutes de vol en compagnie des condors et un nombre incalculable de bornes parcourues avec nos amis les pieds.
Après cet entrainement intensif, nous voilà près pour affronter la Bolivie, le Pérou et le Chili. Encore 2 mois avant le vol pour la nouvelle-Zélande et toujours beaucoup de choses à voir et à apprendre alors que le temps file !
Dans l'ensemble des villes argentines, la pauvreté côtoie le luxe outrancier des hauts quartiers. La mendicité en tant que telle reste relativement discrète. En revanche, vous ne pouvez passer 5 minutes à la terrasse de quelconques cafés sans que l'on vous propose d' hétéroclites bibelots vendus par les gamins à la sauvette.
Il est cinq heures du mat' et nous dormons profondément, étendus sur notre lit "king size", entre les murs de notre crèche de noël quatre étoiles. Dans un semi-coma vaporeux, nous percevons tout à coup que quelqu'un est en train de frapper à notre porte. Retour sur terre, mais qu'est-ce que ça peut bien être à une heure pareille. Je m'en vais ouvrir la porte, et là stupecfaction ! Derrière se trouvent trois personnes qui semblent faire partie de ces films d'action américains. Deux d'entre elles sont complètement vêtues de noir, encagoulées, casquées, lampe frontale, gilet par-balles et mitraillette au poing. La troisième un peu moins déguisée ne porte qu'un gilet par balle noir où il est inscrit : polizia. 
On the road again. Nous avons quitté Bariloche en compagnie de français ( ils sont partout ! ) et après notre dose hebdomadaire de trajet en car entre plaine et montagnes, nous sommes arrivés à Mendoza. C'est une ville de 773000 habitants où il fait bon lézarder aux terrasses des cafés, à l'ombre des sycomores géants qui ponctuent les trottoirs. Le mercure gravite autour des 35 degrès, une donnée qui inclue un temps d'inactivité obligatoire lorsque le soleil est au plus haut.
Depuis les années 50, l'économie argentine est en pleine expansion. La privatisation touche la majorité des entreprises et la corruption qui règne permet à grand nombre d'entrepreneurs de se remplir les poches. Lorsque la crise éclate en 2001, l'Argentine se reveille comateuse et ralentie, et le gel des salaires entraîne rapidement une révolte violente de la population.

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